LES GRANDES ORIENTATIONS DU PROJET POLITIQUE DU MANIDEM

2009 – 2015

L’EVOLUTION DE LA SITUATION POLITIQUE

Au nom de la Direction du parti, le Comité national de Coordination, qui a convoqué ce 3è congrès, je vous souhaite la bienvenue.

La présence massive de tous nos amis politiques nous réconforte dans la voie que nous avons choisie, celle d’engager notre peuple dans la lutte radicale pour son émancipation et pour le progrès social.

Notre pays va mal, mais alors très mal.

En 2003, voici comment notre premier congrès, tenu à Yaoundé les 5, 6 et 7 décembre, analysait la situation politique kamerunaise de l’époque :

« La question politique centrale est de sortir de cette situation où l’on parle de démocratie, alors que la majorité de la population a peur de poser ses problèmes essentiels ; un peu comme si la politique avait un autre rôle que de régler les problèmes de la population. Le Manidem pense qu’on peut y arriver

  1. Si Le cadre politique général incite les populations à s’organiser, pour la défense de leurs intérêts ;
  2. Si L’administration est cantonnée à son rôle de gestionnaire des affaires publiques et est, à ce titre, tenue de rendre compte aux élus et aux populations, des performances de son action ;
  3. Si La constitution consacre l’indépendance de la magistrature, renforce les fonctions électives par rapport à l’administration et institue une décentralisation effective du pouvoir d’Etat ;
  4. Si Les élections se déroulent dans un cadre transparent. »

En 2009, lors de notre deuxième congrès, tenu à Yaoundé les 20, 21 et 22 février, nous avions constaté que la situation politique kamerunaise n’avait pas fondamentalement évoluée.

A ce jour, sur le fond, la situation n’a pas changé ; ce qui justifie l’évolution de notre orientation politique. Mais depuis cette date, d’importants évènements se sont produits, dans notre pays. Nous voulons leur donner un sens qui permettra d’affiner notre  action politique, en particulier, et celle des populations, en général. Il s’agit :

  1. Des élections.

Sous la pression de la société civile et des partis politiques, le régime a cédé et Elécam  a procédé à la refonte du fichier électoral. C’est une victoire, partielle certes, mais une victoire déterminante des forces politiques progressistes du Kamerun. C’est un petit pas mais un pas important.

Toutefois, les élections présidentielles se sont déroulées en 2011, et les  municipales et législatives en 2013, sans ouvrir la voie, ni à un débat sur les projets de société, ni à une véritable confrontation entre les moyens de sortir notre pays de la crise. Elles ont mis en exergue et renforcé trois caractéristiques de la conception politique du régime néo colonial :

    1. C’est un pouvoir fantoche qui ne se soucie guère du bien-être de ses populations. Pour assurer sa longévité, il multiplie des actions formelles de façade. Celle-ci a convaincu tout le monde que le parti au pouvoir n’avait pas de politique de rechange : son programme politique se réduit à son président;
    2. C’est un pouvoir personnel peu soucieux des intérêts des populations. Il ne cherche pas leur adhésion, à travers la satisfaction de leurs  préoccupations. Au contraire, il multiplie les rentes de situations, pour un petit groupe d’arrivistes, sans foi ni loi, disséminés dans l’étendue du pays, qui auront la charge, ensuite « d’acheter  leurs frères du village » et de les éloigner des lieux où se mènent les batailles, pour une prise en main de leurs vies ;
    3. C’est un pouvoir anti national, en ce sens qu’il n’œuvre, ni pour l’unité nationale, ni pour un développement réel du pays. Plus qu’avant, ces dernières années, du fait de l’importance géostratégique que prend le golfe de Guinée, pour les milieux impérialistes, de nombreux projets de firmes multinationales cherchent à booster  l’économie kamerunaise. Ils se heurtent à l’attitude amorphe et désinvolte du gouvernement qui attend les orientations de la France. C’est une attitude qui arrange sûrement ces milieux, parce qu’elle est susceptible de leur fournir d’importantes facilités, en cette période de négociation de leurs contrats de pénétration dans notre pays. Mais elle peut s’avérer extrêmement nuisible, pour le devenir du Kamerun, dans la mesure où ces multinationales risquent d’imposer au pays un pouvoir barbare, néanmoins capable de protéger leurs intérêts.
  1. L’opération épervier.  Elle s’est attaquée aux gestionnaires indélicats des fonds publics. Elle a, à ce jour, touché un nombre impressionnant de « grands types » qui, comme par hasard se trouvent être des dirigeants, des élus ou des personnalités ressources du parti de Paul BIYA. Cela a valu au Président de la république, une certaine popularité, parce que les kamerunais condamnent le vol et le pillage des deniers publics. Ils attendaient, en conséquence que les pouvoirs publics mettent en place un dispositif susceptible de garantir que les moyens que les kamerunais fournissent à l’Etat, pour financer son budget, sont consacrés à améliorer leur bien-être. Il n’en a même pas été question, ni au sein du RDPC, ni au gouvernement, ni au parlement. Tout se passe comme si, ce qui préoccupe Paul BIYA, c’est un renouvellement de son personnel politique qu’il n’arrivait plus à tenir en laisse du fait de l’immensité de sa richesse volée. Nous réaffirmons notre soutien à cette opération et la poursuite de celle-ci jusqu’à son terme. Avec une  justice équitable pour tout le monde et parce que le Peuple Kamerunais tient à la restitution intégrale des biens qui lui ont été volés.
  1. Ratification des accords d’étape des APE.

Après l’adoption par le Parlement, l’Exécutif a promulgué la loi autorisant le Kamerun à ratifier l’accord d’étape vers un Accord de partenariat économique avec l’Union européenne ainsi que ses Etats membres et l’Afrique centrale. Le Kamerun marque formellement par cet acte le souhait de continuer à bénéficier d’un accès préférentiel de ses produits (banane, aluminium, chocolat, cacao, entre autres) sur le marché européen et d’ouvrir en retour, sans droits de douane, 80% des exportations européennes vers le Kamerun.

Le cœur de la politique économique de l’Union Européenne est l’américanisation de la société : l’Etat ne doit être propriétaire de rien,

l’Etat ne doit contrôler aucune entreprise,

L’Etat doit céder ses parts partout.

Dans le pays comme le Kamerun, il est évident qu’une telle signature ouvre un lendemain de la non souveraineté du Kamerun où l’Union Européenne accusera le Kamerun de concurrence déloyale parce que l’état reprend en main la gestion des fournitures électriques de la production à la distribution, devant la défaillance constaté des entreprises américaine.

  1. Le pillage de nos réserves monétaires à la BEAC.

Il y a longtemps que nous dénonçons l’appartenance de notre pays à la Zone Franc, parce qu’elle est caractéristique de la domination que la France exerce sur le Kamerun. En effet, la réglementation de cette institution, en matière monétaire est un forceps que nos pays ont été obligés de revêtir, pour asseoir leur néo colonisation. Elle contrôle au franc près, l’utilisation de nos réserves monétaires, à travers le mécanisme de leur conservation au Trésor français ; ceci fait qu’à la différence des Etats souverains, notre pays, ni aucun autre membre de la Zone Franc, ne peut développer une politique de relance économique du type qu’on observe à travers le monde depuis que la crise financière est déclarée. Donc nos économies ont besoin de crédits bancaires, pour se déployer ; et le système bancaire qui lui est imposé par la Zone Franc n’autorise pas que les banques les financent. Cela ressemble à s’y méprendre à un effort de guerre que la France a imposé à « gendarmes africains », pour sauver le système bancaire français.

  1. L’insécurité grandissante.

Depuis plus de trois ans, notre pays est le théâtre de multiples attaques contre les hommes et les biens. Les agressions contre nos forces de défense, ainsi que les dégradations des biens et les prises d’otages se multiplient. Toutes  ces attaques ‘terroristes’ sont prétendument attribuées à la secte terroriste Boko Haram.

La guerre contre BOKO HARAM doit être analysée, en tenant compte du contexte caractérisé par trois éléments :

  • La politique baissière des prix du pétrole orchestrée par l’Arabie Saoudite. Elle va contribuer à l’effondrement des Etats du Golfe de Guinée, sur lesquels pèseront de plus en plus, des menaces d’instabilité ;
  • La faiblesse structurelle de ces Etats, dont la preuve vient d’être apportée par la faiblesse des forces armées sous équipées en matériels de guerre malgré les budgets colossaux qui leur ont été octroyés au fil des ans.
  • L’ambition affichée par les occidentaux, en général, et les Français, en particulier, de s’assurer le contrôle des approvisionnements de pétrole, et des ressources minières à moyen et long termes dont l’évolution des prix serait maîtrisée.

Un tel contexte est de nature, au-delà du terrorisme, à induire une mauvaise solution à l’impasse politique dans laquelle le fameux régime du renouveau a conduit notre pays, une solution qui nous serait imposée de l’extérieur et sans aucune ambition nationale.
Nous devons débattre de tout cela. C’est une exigence de notre temps. Elle ne doit pas souffrir des caprices à courte vue d’un régime essoufflé et finissant.

Car le patriotisme doit être exigeant.

Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a fait voter au parlement, une loi contre le terrorisme dans le but de museler tous les Kamerunais.

  1. L’impuissance de la classe politique.

Au cours des cinq dernières années, la classe politique kamerunaise, dans son ensemble a été interpelée par deux questions fondamentales : l’organisation des populations, pour qu’elles se prennent en charge, et sa capacité à coaliser ses actions. Les deux questions sont en fait liées, dans la mesure où, en réalité, elles renvoient au questionnement sur la constitution d’un front politique, c’est-à-dire en clair, à l’élaboration d’un programme politique minimal de coalition. Ce problème ne date pas d’aujourd’hui : il était déjà posé en 2003, sous la forme de la « démocratie apaisée », c’est-à-dire une démocratie dans laquelle on ne parle pas de choses qui fâchent. Cela avait créé une démarcation entre les formations politiques qui œuvrent au sein des institutions et les autres. Au moment du bilan, on ne peut que constater que cette démarcation a joué contre les partis institutionnels, dont la représentation a fondu comme une peau de chagrin, réduisant de fait leur capacité à influencer le cours des évènements politiques, à l’intérieur des institutions. Ils peuvent continuer dans cette voie ; c’est leur droit le plus absolu. Mais le Manidem qui les avait avertis du risque d’impasse, se sent le devoir de leur proposer une alternative, pour le Kamerun.

L’ALTERNATIVE DU MANIDEM, POUR LE KAMERUN

A la première lecture du contexte qui vient d’être décrit, la situation politique peut paraître bloquée.

L’ETAT-PARTI se présentant comme la seule force politique, capable de fournir une représentation nationale, alors que ce parti ne développe aucune initiative politique d’envergure, de nature à résoudre le moindre problème du Kamerun.

Ce que le Manidem propose au peuple kamerunais, pour qu’il ne sombre pas dans le pessimisme de ceux qui pensent que notre classe politique n’est composée que d’opportunistes, incapables de transcender leurs intérêts égoïstes, pour s’occuper du Kamerun et de ses populations.

Cette proposition comprend quatre volets :

  1. Nos positions traditionnelles,
  2. Un programme minimal
  3. Une stratégie de rassemblement.
  4. Une stratégie électorale

 

 

  1. Nos positions traditionnelles.
  1. Sur le plan politique,
  1. nous rappelons que l’Etat néo colonial est une imposture, en ce sens qu’il est caractérisé par une domination réelle de l’ancienne puissance coloniale, travestie par les habits d’un Etat en voie de modernisation. Cette domination est perceptible à travers des prérogatives comme :
  2. les accords de coopération militaire, entre le France et le Kamerun ont demeurés secrets jusqu’aujourd’hui.
  3. l’appartenance à des organismes de domination, comme la Zone Franc et la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique (CEMAC) dont l’ambition est de privilégier le périmètre de développement à travers les relations avec la France, alors qu’il est démontré que notre pays ne pourra articuler des politiques de développement d’envergure qu’en se tournant vers nos grands voisins : le Nigéria, la République Démocratique du Congo et La Guinée Equatoriale même comme elle se méfie des kamerunais;
  4. l’adoption du français et de l’anglais, comme langues officielles. Elle ambitionne d’aider à venir à bout des ethnies belliqueuses, et de conduire ainsi notre pays vers une composition ethnique relativement homogène qui serait le sous bassement de l’unité nationale. Elle a créé et nourri, au contraire, des antagonismes factices de type francophones contre anglophones  et le chauvinisme ethnique.

Il y a donc impératif de sortir de l’illusion qui consiste à croire qu’on peut construire une démocratie sur le socle de l’Etat néo colonial, puisque, par essence, celui-ci n’existe que pour préserver les intérêts étrangers.

  1. Sur le plan économique,

Après les tergiversations sur « la planification auto centrée, par cercles concentriques de développement », le masque fut tombé avec la proclamation de « Pour le libéralisme communautaire », comme philosophie économique. Ce dernier n’a pas fait long feu : la crise économique qui dure depuis la moitié des années 1980, l’a envoyé dans les poubelles de l’histoire, pour promouvoir le libéralisme économique.

Plus de vingt ans de cette potion ont conduit au désastre que nous connaissons :

    1. l’agriculture industrielle, essentiellement orientée vers l’exportation, à laquelle le pays a le plus donné, au détriment de la production de la nourriture, est en déroute. En conséquence, l’Etat néo colonial, lui-même, est obligé, malgré son discours sur le libéralisme, d’injecter de l’argent dans la production du maïs, du plantain ou de l’huile de palme ;
    2. l’industrie nationale, constituée de petites et moyennes entités s’est effondrée sous les coups de boutoir de l’ouverture des frontières ; ce qui ne laisse comme seule issue de relance que la sous-traitance, dans les grands projets annoncés ;
    3. les services essentiels comme le transport, le commerce et le tourisme n’ont jamais été pris en main par l’Etat ; en conséquence, ils sont demeurés dans un état embryonnaire et constituent un handicap, pour toute politique de relance des autres secteurs d’activité.

C’est cela la réalité du libéralisme néo colonial. Elle appelle une rupture. Et ceci d’autant plus que la crise actuelle, financière d’abord et économique ensuite, a contraint les champions du libéralisme à adopter d’importantes interventions des Etats, pour juguler les effets, pour leurs populations.

  1. Sur le plan social,

La politique du « Libéralisme économique » se réduit au slogan des institutions de Bretton Woods de «lutte contre la pauvreté. » Depuis plus de dix ans qu’il est appliqué, les kamerunais ont du mal à sentir la différence entre la période où la crise dévastait leurs conditions de vie et maintenant. La vie est de plus en plus chère ; les écoles et les hôpitaux sont soumis à la politique de « l’Etat ne peut pas faire tout, tout seul. »

Que dire du repli identitaire et tribal qui ronge et détruit l’embryon de Nation fondée par le sang de nos Martyrs ?

Il faut en finir, en mettant en œuvre des politiques qui placent les intérêts des populations au centre de leurs préoccupations.

Cette alternative politique crédible suffit-elle, pour arrêter les souffrances de nos populations ?

La réponse est non. Et ceci, malgré le fait que des franges, de plus en plus nombreuses se mettent en mouvement, pour prendre en charge les revendications, pour plus de liberté et plus de bien-être. C’est pour cela que le Manidem propose un programme minimal et une stratégie de rassemblement.  

  1. Le programme minimal.

Au Manidem, nous disons depuis longtemps que nous ne conclurons aucun accord politique, avec un autre parti ou un Etat qui ne s’appuiera pas sur les intérêts du peuple kamerunais. C’est donc sur ce principe que se fondera notre stratégie d’alliance. Ceci signifie que dans nos esprits, les intérêts du peuple kamerunais ne doivent pas constituer une nébuleuse dans laquelle on peut loger n’importe quoi.

En 2015, qu’est-ce que nous appelons « intérêts du peuple kamerunais » ?

La réponse à cette question découle des axes de travail, sur lesquels le Manidem compte mobiliser les kamerunais de divers horizons, pour que leurs luttes fassent reculer le pouvoir affamant du « libéralisme économique ».

En tout premier lieu, il y a l’élévation du niveau de vie des couches populaires. Celle-ci est liée à trois conditions :

  1. la promotion de la justice sociale.

Elle comprend quatre orientations majeures :

  • la révision du code du travail actuel,
  • la promotion du logement social
  • une politique de l’emploi,
  • le développement des zones rurales.
  1. La révision du code du travail.

Ce document a consacré, sous le prétexte d’une libéralisation de notre économie, des principes extrêmement nocifs sur les conditions de travail des salariés. Il convient que notre parti entreprenne un travail d’approche avec les syndicats, pour identifier les points susceptibles d’alimenter leurs programmes de travail, au cours des prochains mois ;

  1. Une politique de l’emploi.

Depuis l’atteinte du point d’achèvement, le gouvernement avait promis la mise au point d’une politique industrielle, dont la mise en œuvre devrait créer de nombreux emplois, à travers le pays. Depuis 2007, nous avons assisté à une multiplication d’instances qui y réfléchissaient : le Club des investissements du Premier ministre, Le Forum des investissements, la Réforme fiscale et le Conseil ministres élargi au secteur privé. Elles ont brassé du vent. En conséquence, les lois de finance depuis 2009 sont rendues publiques, sans aucune disposition d’incitation à la promotion de l’investissement. Il faut en finir. De nombreux projets sont soumis au gouvernement qui sont susceptibles de booster nos petites et moyennes entreprises, créatrices de main d’œuvre. Le Manidem doit entreprendre des concertations avec le patronat et les syndicats, en vue d’élaborer une politique ambitieuse de développement économique, et donc de création d’emplois, de vrais emplois et non les 350 000 emplois fictifs annoncés.

  1. La promotion du logement social.

D’importants travaux d’urbanisation sont programmés, notamment à Douala et Yaoundé, au cours des prochaines années. Ceux-ci entraîneront de nombreuses destructions des habitations précaires, destructions pour lesquelles nous avons constaté que, souvent les populations concernées subissent la fougue des agents de l’Etat, sans que ce dernier se soucie de la moindre solution alternative. Le Manidem doit s’impliquer dans l’organisation de ces populations et les aider à élaborer des propositions de recasement ;

  1. Le développement des zones rurales. Les campagnes kamerunaises se vident de leurs populations, laissant les terres inoccupées, pour le bénéfice de quelques grands types qui se les approprient, contre une poignée de francs cfa aux fins de spéculation foncière. Le Manidem doit devenir le champion de la lutte contre cette politique, en organisant les populations rurales autour de quelques revendications précises,
  1. La maîtrise des prix des denrées alimentaires.

La mauvaise politique appliquée dans notre pays a rendu nos populations dépendantes des importations alimentaires. Les mesures prises par le chef de l’Etat, pour juguler leurs prix en février 2008, ont montré aussi que l’Etat ne disposait pas d’outils fiables, pour en maîtriser les prix. Il faut donc que les populations s’organisent, elles-mêmes, pour assurer le contrôle des prix.

  1. L’assurance maladie pour tous.

 La faillite la plus criarde de la gestion actuelle, c’est la politique de santé. Grâce à la coopération internationale de très importants fonds ont été alloués à ce secteur. Ils ont malheureusement été confiés aux prédateurs de la fonction publique, avec les résultats que nous connaissons. Il n’est pas évident qu’après cette gabegie, les donateurs internationaux se montrent aussi généreux. Il nous faut donc mettre en place un double dispositif de promotion de la santé publique :

  1. La création de collectifs civils de santé, dans les quartiers.

Ils se regrouperont, par ville, par arrondissement, département et région. Et leurs principaux responsables constitueront le collectif national de la santé qui devra être l’interlocuteur du gouvernement, en matière de santé, pour la définition des politiques et le suivi de leur mise en œuvre.

  1. L’assurance maladie, pour tous.

C’est une vielle idée que nous avons lancée depuis une décennie, sans que l’Etat, malgré les propositions que le Manidem lui a soumis ne daigne lui accorder le moindre intérêt. Parallèlement, nous sentons une certaine fébrilité au niveau des entreprises, puisque certaines d’entre elles commencent à investir de l’argent dans la promotion de la santé publique. Le Manidem doit prendre les devants, pour la création d’une organisation capable de veiller et d’inciter la mise sur pied d’une assurance maladie universelle.

En second lieu, il y a la question nationale.

De nombreuses manifestations ont eu lieu, au cours des dix dernières années qui attestent que les kamerunais ont mal à leur peau de kamerunais. Pour illustrer ce mal être,

Citons quelques exemples :

  1. l’équilibre régional.
    • Sa dernière manifestation, ce sont les résultats du concours d’entrée à l’IRIC en 2015, à l’Ecole normale supérieure de Maroua en 2008, avec  l’intrusion du Président de la République, dans le rôle de fossoyeur de la solidarité nationale. Mais elle n’est pas, sans rappeler les évènements de Buéa de 2006 et ceux de l’Ecole normale supérieure de 2007. Ces évènements malheureux qui ternissent l’image de l’Etat, en mettant à nu le pourrissement de ses démembrements, révèlent, en fait l’échec des choix politiques du parti néocolonial ;
  2. La cohérence de l’espace national.
    • Le Kamerun a hérité, avec l’indépendance, d’un certain nombre de tares. Elles s’appellent : l’agriculture de subsistance et l’agriculture moderne, l’industrie de substitution aux importations, le désenclavement. Les régimes néocoloniaux ont densifié les problèmes, en créant, dans le domaine électrique, un réseau interconnecté du Sud et un autre au Nord, avec en prime, dans chacun des deux, une électrification par les groupes électrogènes. Cela crée une impression de désordre ingérable que le pouvoir utilise à son profit, lorsqu’il s’agit d’opposer une franges de kamerunais contre les autres, alors que le problème de fond, c’est de construire harmonieusement un pays, où il fait bon vivre ;
  3. la démocratie quotidienne.
    • Elle est la revendication politique la plus vieille, dans notre pays : nous voulons être consultés, ou tout au moins être informés des projets qui concernent nos vies. Pour cela l’Etat doit mettre en place des cadres de dialogue, où ses représentants viendraient nous rencontrer. Cela le dépasse ; il pavoise devant les donateurs internationaux sur les consultations populaires, réalisées dans les bureaux feutrés, avec « nos » représentants, triés sur le volet.
  1. La stratégie de rassemblement.

A force de menaces, représailles, tortures, l’ETAT-PARTI s’est arrogé l’initiative politique. Or il a ceci de particulier qu’il ne veut pas régler les problèmes des kamerunais. Mieux : il se sert de toute revendication qui lui est présentée, comme une allégeance à leur démarche. Cela n’a pas aidé le Kamerun et est  de nature à décrédibiliser la politique, en général, et les partis politiques en particulier. C’est pour cela que le Manidem propose une stratégie de rupture et de large alliance.

  1. Stratégie de rupture.

L’Etat kamerunais est dans une logique de démonstration de la magnanimité de son chef : il ne se sent pas l’obligation d’apporter des solutions aux problèmes des kamerunais. Au contraire, il se sert de toute démarche des populations, ou de leurs représentants, pour les tourner en dérision et les affaiblir. C’est pour cela qu’il faut rompre avec ses tromperies et promouvoir un large front d’organisations, autour des revendications essentielles, contenues dans le programme minimal.

  1. Stratégie de large alliance.

De nombreuses luttes sont menées, depuis quelques années. Quelques une aboutissent ; et d’autres pas. Mais, en général, elles sont caractérisées par un cloisonnement catégoriel. Il faut en sortir, en créant des passerelles entre les diverses revendications, Comme le front des forces Patriotiques et Panafricanistes (FPP) qui regroupe quatre formations politiques (L’UPA, Le MOCI, Le PARENA et Le MANIDEM) ayant une stratégie définie sur cinq axes :

    1. PLAN  POLITIQUE
      • Relance et renforcement du processus de formation d’une conscience patriotique et panafricaniste en vue d’une Nation Kamerunaise souveraine, partie intégrante d’une Grande Nation Africaine.
    2. PLAN ÉCONOMIQUE
      • Promotion d’un développement économique prenant en compte les principes de l’économie sociale de marché, suivant un plan qui fait de l’État le régulateur du marché et le moteur de l’économie nationale.
    3. PLAN SOCIAL
      • Édification d’un État soucieux de la promotion d’un développement économique tangible qui aura pour finalité la justice sociale.
    4. PLAN CULTUREL
  • Promotion des langues nationales et africaines (Swahili, Haoussa) comme langues de communication avec l’intérieur de l’Afrique. Promotion de l’anglais comme langue de communication avec l’étranger.
  • Lutte contre l’ethnocentrisme et le tribalisme, qui constituent une menace permanente contre l’unité et l’intégration nationales.
  • La réappropriation de notre État implique la prise en compte concertée de nos diversités socioculturelles.
    1. PLAN PANAFRICAIN
      • Le Kamerun à lui tout seul n’atteint pas la masse critique en termes de superficie et de démographie, comparativement aux grands ensembles humains que sont les États-Unis d’Amérique, la Chine, l’Inde, l’Union européenne (voire demain peut-être les États-Unis d’Europe), la Russie, le Brésil, le Japon, etc. L’Afrique doit donc s’unir sous la forme d’un État fédéral ayant pour États fédérés les États actuels dont le Kamerun. Dans cette perspective, notre patrie, « Afrique en miniature », est appelée à jouer un rôle de proue.
  1. STRATEGIE ELECTORALE DU MANIDEM

 

 

Le processus électoral au Kamerun est loin, très loin d’être transparent, juste et démocratique.

Nous devons nous battre pour obtenir un organisme consensuel, autonome et indépendant pour organiser les élections. Or, Elécam est issu d’une démarche autoritaire et anti démocratique  des maîtres du régime. Malgré la compétence certaine et une bonne moralité de la plupart des membres du Conseil Electoral, Elécam est sous influence politique et administrative de l’ETAT-PARTI.

Les améliorations du processus électoral, telles que l’inscription biométrique, le bulletin unique, une élection à deux tours, la prise en charge intégrale de la scrutation des élections, etc. sont encore à l’ordre du jour.

Le MANIDEM est prêt pour ces nouvelles batailles. Il assure le peuple kamerunais et les autres forces sociales progressistes de sa détermination à mener sur tous les fronts les actions qui seront décidées par l’ensemble de ces forces sociales.

Tout le pays s’est pratiquement installé dans l’idée de la fin de régime de Paul Biya, tout le monde y pense. Beaucoup moins en termes de scénarii de la fin du régime, beaucoup plus en pensant à la question de savoir comment  s’y préparer.

En effet, la fin de régime, comme la fin de toutes les dictatures, sera un choc pour le pays. Comment donc se préparer à ce choc?

Comment se mettre dans la meilleure posture pour vivre, voire survivre en tant que parti pendant cette période?

Comment encaisser ce choc?

Pour notre parti, le MANIDEM il y a donc une nécessité, de mettre en place une stratégie électorale en mesure de renforcer notre influence pour cette éventualité. Car le MANIDEM prendra une part active dans la consolidation de notre pays après le régime actuel.

Dans ce contexte favorable au changement et à l’opposition en général, il est vital que le MANIDEM tire son épingle du jeu en s’appuyant sur ses spécificités, sur sa différence. Nous devons relever le défi des élections. Nous allons prendre une place prépondérante dans les prochaines consultations électorales.

Quelle est donc notre stratégie électorale?

Stratégie électorale

Le MANIDEM veut accéder au pouvoir, en compagnie des forces progressistes et panafricanistes. Notre stratégie générale repose sur la mise en place d’un vaste mouvement populaire, à travers la mobilisation des Kamerunais, et à partir de leurs préoccupations quotidiennes, dans le but d’ébranler le régime néo colonial pour un assaut final de la prise du pouvoir. C’est pourquoi, nous avons toujours accordé une attention particulière au développement du mouvement social et nous continuerons à le faire. La mobilisation des Kamerunais contre les délestages et la prime fixe d’Aes Sonel, celle contre le commandement opérationnel à travers les neuf (9) disparus de Bépanda, celle pour la nouvelle école, pour l’amélioration des soins médicaux, et récemment contre l’augmentation des prix de carburants, montre à dessein, notre orientation stratégique. La promotion des associations de la société civile telles le RACE (Réseau Associatif des Consommateurs d’Énergie), Vivre Ensemble (association pour la promotion de l’intégration), Génération Citoyenne (l’éducation des citoyens Kamerunais etc) est un de nos soucis  permanents et est une condition nécessaire pour le succès de notre stratégie.

Or, une dictature n’est jamais uniquement renversée par des élections qu’elle organise. Celle de ce régime n’échappera pas à cet axiome politique.

 

Une dictature ne se réforme pas, elle se désintègre ou on la renverse.

Notre légitimé historique, notre proximité avec les problèmes des Kamerunais, notre combativité sur le terrain, notre virginité politique font du MANIDEM un parti  à part, largement identifié comme tel par les Kamerunais. Ce sont nos atouts.

Nos faiblesses logistiques sont un sérieux handicap mais peut-on nous reprocher de n’avoir pas participé au festin gargantuesque de la dilapidation des richesses de notre pays?

 

La stratégie électorale du MANIDEM doit donc, tout en bonifiant nos atouts, réduire les effets néfastes de nos handicaps.

D’autant plus que le code électoral actuel exclut tous les Kamerunais non membres des partis politiques.

Le MANIDEM doit donc, certainement plus que les partis aux grandes potentialités logistiques, mettre un soin particulier dans le choix de ses candidats; nous devons tout faire pour combler nos handicaps, en donnant une bonne place, dans nos listes à des personnalités populaires de la société civile  C’est la stratégie Arc-en-ciel, dans ce sens qu’elle doit englober toutes les couleurs de la société kamerunaise. Le travail de mobilisation de ces leaders de la société civile (hommes et femmes de culture, artistes, leaders sociaux, etc.) doit se poursuivre.

La carte électorale du MANIDEM se bâtit autour de deux (2) axes:

  1. l’axe des bases militantes établies et fortes du MANIDEM et celles de nos partenaires du Front Progressiste et Panafricaniste (le MOCI, l’UPA, le PARENA et l’UPC des Fidèle,  etc) ;
  1. l’axe des personnalités de la société civile qui sympathisent avec notre parti.

Nous n’avons pas le choix. Jusqu’à la dernière minute, nous devons miser sur cette stratégie Arc-en-ciel. La campagne que nous allons lancer pour l’inscription massive des Kamerunais sur les listes électorales va renforcer cette stratégie.

Un parti  qui s’implique autant dans l’inscription des électeurs montre clairement qu’il a envie d’avoir des élus et qu’il veut accéder au pouvoir. C’est le cas du MANIDEM.

Certains de nos compatriotes peuvent penser que nos scores électoraux antérieurs ne sont pas de nature à rendre le MANIDEM optimiste; ils peuvent même être découragés par le décalage qui existe entre la quantité du travail abattu par le MANIDEM et les sacrifices énormes consentis depuis 1995 (date de création de notre parti) et les dividendes recueillis en termes de succès électoraux.

Mais, comment ne pas comprendre que, dans un contexte politique tel que le nôtre où le tribalisme a colonisé la politique, des partis comme le MANIDEM aient du mal à prospérer? Que ceux-là ne perdent pas de vue ces camarades n’oublient pas la dialectique des problèmes socio-politiques.

Les phases d’accumulation quantitatives paraissent toujours interminables. Mais, le dernier coup de pouce qui permet le saut qualitatif paraît aussi toujours lointain. Or, il est souvent à portée de main.

En effet, une marmite d’eau peut rester longtemps à 99 degrés, puis un coup de vent attise le feu, l’eau boue, et devient vapeur à 100 degrés.

Il faut agir et agir au plus vite !

Rassembler les forces progressistes et panafricanistes à partir d’une synergie stratégique vers une intégration totale de toutes ces forces, dans le but de consolider le camp de la rupture avec le néo-colonialisme.

En effet, le camp de l’aménagement du système néo-colonial est là, à l’affut, prêt à profiter des victoires de la lutte des masses populaires.

Les révolutions de palais ou les changements « trompe l’œil » ont souvent abusé les masses non averties.

Nous voulons l’alternative politique en Afrique et au Kamerun, c’est-à-dire une politique résolument destinée à satisfaire en priorité les intérêts fondamentaux des kamerunais et du Kamerun.

Ce défi est grand, très grand et l’histoire de la lutte des Peuples opprimés a toujours démontré que plus grand est le défi, plus belle est la victoire.

Pour nos Héros Nationaux, pour les Michel Ndoh, les Samuel Mac-Kit, les Bahoya, pour les Pierre Abanda Kpama, Paulin Hilela Matug, Owoundi,Rose Nzié, David Diwah,

Pour les nouvelles générations, sauvons notre beau pays le Kamerun.

Allons-nous abandonner la partie alors que peut être, le dernier coup de vent est là?

«Le chemin qui mène à la victoire est toujours parsemé d’embûches mais il mène toujours à la victoire». (Proverbe zimbabwéen)

Je déclare ouvert les travaux du 3è congrès du MANIDEM.

Le Président,

Dieudonné YEBGA

2018-08-24T07:33:46+00:00

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