LE PROGRAMME MINIMUM DU MANIDEM

Le MANIDEM a élaboré un programme politique, économique et social, conforme à son projet de société, qui se résume en une phrase : « créer une société dans laquelle la politique se soumet au besoin de satisfaction des masses populaires. »

Pour les besoins d’une éventuelle collaboration avec d’autres forces politiques, il a pensé qu’il était utile de concevoir un autre programme, dit « Programme minimum ».

Est-ce que cela ne crée pas une confusion ? Notre réponse à cette question doit être claire. Il ne s’agit pas de créer la confusion dans les esprits. Car, à l’image de l’Union des Population du Cameroun d’hier, le MANIDEM se considère, comme la frange de la population kamerunaise, la plus engagée pour le progrès des populations et du pays, et en même temps, il est exclu de sa ligne politique toute considération sectaire. Ceci signifie qu’il est prêt à travailler avec n’importe quelle organisation ou individu kamerunais, qui accepte de travailler pour chasser le néocolonialisme et ses suppôts, au pouvoir dans notre pays depuis 1958. N’est-ce pas le sens de notre stratégie qui prévoit une organisation en trois étages : le courant d’opinion en faveur du changement de régime néocolonial, une organisation de sympathisants autour du Parti et le Parti. Pourquoi ce qui est accepté au sein de notre propre organisation ne le serait pas pour les autres compatriotes ?

Au-delà de cette analyse politique, cette ouverture est, en réalité, imposée par les conditions de lutte : le projet politique du MANIDEM traduit la vision à long terme de notre Parti. Son application totale suppose que nous contrôlions l’essentiel du pouvoir, ce qui n’est possible qu’en cas de renversement du néocolonialisme par un soulèvement populaire, qui anéantirait toute son infrastructure (le parti, l’Etat et les divers mécanismes, par lesquels il contrôle les populations). Mais, il est presqu’évident qu’avec les élections, une telle rupture ne peut pas se produire : il va falloir progressivement, même si nous sommes majoritaires dans le pays, collaborer avec une résistance, ayant des relais internationaux puissants, et donc avancer, en veillant à consolider les différents pas réalisés.

De telles précautions, doivent reposer, dans un premier temps, sur une masse critique, de nature à compliquer tout retour en arrière. C’est cette masse critique, qui sous tend « le Programme minimum du MANIDEM ». Sa première conditionnalité est la constitution d’un gouvernement de transition démocratique et économique, c’est-à-dire, l’ouverture d’une période de partage du pouvoir, pour que les Kamerunais définissent ensemble les règles de jeu de la politique. Dans un tel contexte, il ne saurait être question d’imposer aux autres Kamerunais, le projet politique du MANIDEM.

Mais, il faut comprendre que le MANIDEM ne va pas dans une telle transition de manière naïve, en pensant que tout le monde est prêt à jouer, pour la construction d’un Etat de droit moderne, respecté à l’intérieur et à l’extérieur, et soucieux du bien-être de l’ensemble des populations. Durant cette transition, certains acteurs seront plus privilégiés que d’autres :

  • les partis qui ont véritablement contribué au changement démocratique, par leur capacité à encadrer les masses et leur contribution à les inciter à se prendre en charge,
  • les femmes et les hommes, parmi les masses populaires, qui auront fait montre d’une détermination particulière à renverser le régime pourri UNC/RDPC,
  • les chefs traditionnels et les progressistes, qui ont soutenu le régime néocolonial et qui progressivement s’en sont séparés, pour rejoindre la lutte, non par des mots, mais par de véritables contributions.

Ce programme minimum du MANIDEM est une adaptation des grandes orientations du projet politique du MANIDEM, en ce sens qu’il reprend leurs principes essentiels, à savoir :

  • placer l’être humain au centre des préoccupations du Gouvernement
  • élever le niveau de vie de l’ensemble des populations
  • impliquer tous les citoyens dans les processus d’élaboration des choix politiques du pays et de leur mise en œuvre
  • promouvoir une société de bien-être partagé
  • mettre en place une organisation administrative, qui favorise l’émulation, l’unité et la souveraineté nationales.
  1. LE CONTENU

DU PROGRAMME MINIMUM DU MANIDEM

Cette proposition comprend trois volets : le rappel de nos positions traditionnelles, un programme minimal et une stratégie de rassemblement.

  • Le rappel de nos positions traditionnelles.

Notre projet politique est habituellement subdivisé en cinq grands thèmes : la politique, l’économie, le social

  1. Nos propositions sur le plan politique.

L’analyse de la situation. Sur le plan politique, nous rappelons que l’Etat néo colonial est une imposture, en ce sens qu’il est caractérisé par une domination réelle de l’ancienne puissance coloniale, travestie par les habits d’un Etat en voie de modernisation. Cette domination est perceptible à travers des prérogatives comme :

  • les accords de coopération militaire, entre le France et le Kamerun, demeurés secrets, jusqu’aujourd’hui ;
  • l’appartenance à des organismes de domination, comme la Zone Franc et la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique (CEMAC) dont l’ambition est de privilégier le périmètre de développement à travers les relations avec la France, alors qu’il est démontré que notre pays ne pourra articuler des politiques de développement d’envergure qu’en se tournant vers nos grands voisins : le Nigéria et la République Démocratique du Congo ;
  • l’adoption du français et de l’anglais, comme langues officielles. Elle ambitionne d’aider à venir à bout des ethnies belliqueuses, et de conduire ainsi notre pays vers une composition ethnique relativement homogène qui serait le sous bassement de l’unité nationale. Elle a créé et nourri, au contraire, des antagonismes factices de type francophones contre anglophones  et le chauvinisme ethnique.

 

C’est donc un impératif de sortir de l’illusion qui consiste à croire qu’on peut construire une démocratie sur le socle de l’Etat néo colonial, puisque, par essence, celui-ci n’existe que pour préserver les intérêts étrangers.

La construction d’une nation démocratique et prospère. C’est l’impératif majeur, qui est fixé au mouvement national kamerunais. Il s’agit de sortir de l’impasse néocoloniale, qui prétendait construire la nation à l’aide de l’Etat, alors que, comme il est dit plus haut, ce dernier est une imposture. Dans notre pays, la construction nationale s’est réduite à l’unité nationale, comprise comme une mystique, capable de faire converger les efforts de tous les Kamerunais vers un idéal commun, qui serait le Kamerun.

Il faut la sortir de cette impasse en

  • reconfigurant l’espace national. Les régions, héritées de la colonisation, ont continué à fonctionner par rapport aux objectifs qui leur avaient été attribués, et non pour satisfaire les intérêts des Kamerunais. Par exemple, le trop plein d’activité du Littoral ne s’est pas transformé, en créations de villes secondaires dans les départements et arrondissements. Au contraire, ce sont ces territoires, qui ont continué de se vider, pour construire une mégapole laide, sale et ingérable. Il sera donc question de regrouper les populations en quatre ou cinq régions homogènes, capables de constituer des espaces économiques viables ;
  • créant une complémentarité d’espaces autonomes, mais soumis à un double contrôle :
  • un contrôle des électeurs. Chaque élu est tenu de rendre compte de son mandat à ses électeurs, qui s’expriment sur les politiques mises en œuvre et leur pertinence par rapport à leur bien-être,
  • un contrôle d’Etat. Les organes élus subiront un contrôle de l’Etat sur la qualité de leurs programmes et de leur exécution.

Les deux formes de contrôle feront l’objet de rapports qui sont adressés aux assemblées régionales et nationales. Les débats, y relatifs, sont susceptibles de déboucher sur une procédure de destitution individuelle ou collective ;

  • instituant un véritable pouvoir régional élu. Les élections communales et régionales se feront à partir d’un double collège : les habitants –pas forcément les autochtones- et les associations des forces vives. Les exécutifs seront élus par leur base respective. Les autres membres constitueront les assemblées communales et régionales ;
  • modifiant le sens de l’élection. L’élection est considérée comme le fondement du pouvoir républicain. Elle est malheureusement vidée de son sens dans la fonction de notre système ; en ce sens qu’elle légitime l’accès au pouvoir, à des périodicités arrêtées, laissant aux élus la liberté de respecter ou non les engagements qu’ils ont présentés pendant les campagnes électorales. L’élection fera partie, avec le MANIDEM, d’une dynamique d’adhésion ou de rejet entre les populations et leurs représentants.

Sur le plan économique, après les tergiversations sur « la planification auto centrée, par cercles concentriques de développement », Paul BIYA a tombé le masque, en proclamant le « libéralisme communautaire », comme philosophie économique. Ce dernier n’a pas fait long feu : la crise économique qui dure depuis la moitié des années 1980, l’a envoyé dans les poubelles de l’histoire, pour promouvoir le libéralisme économique.

Plus de vingt ans de cette potion ont conduit au désastre que nous connaissons :

  • l’agriculture industrielle, essentiellement orientée vers l’exportation, à laquelle le pays a le plus donné, au détriment de la production de la nourriture, est en déroute. En conséquence, l’Etat néo colonial, lui-même, est obligé, malgré son discours sur le libéralisme, d’injecter de l’argent dans la production du maïs, du plantain ou de l’huile de palme ;
  • l’industrie nationale, constituée de petites et moyennes entités s’est effondrée sous les coups de boutoir de l’ouverture des frontières ; ce qui ne laisse comme seule issue de relance que la sous-traitance, dans les grands projets annoncés ;
  • les services essentiels comme le transport, le commerce et le tourisme n’ont jamais été pris en main par l’Etat ; en conséquence, ils sont demeurés dans un état embryonnaire et constituent un handicap, pour toute politique de relance des autres secteurs d’activité.

C’est cela la réalité du libéralisme néo colonial. Elle appelle une rupture. Et ceci d’autant plus que la crise actuelle, financière d’abord et économique ensuite, a contraint les champions du libéralisme à adopter d’importantes interventions des Etats, pour juguler les effets, pour leurs populations.

Sur le plan social, la politique de BIYA se réduit au slogan des institutions de Bretton Woods de «lutte contre la pauvreté. » Depuis dix ans qu’il est appliqué, les kamerunais ont du mal à sentir la différence entre la période où la crise dévastait leurs conditions de vie et maintenant. La vie est toujours aussi chère ; les écoles et les hôpitaux sont soumis à la politique de « l’Etat ne peut pas faire tout, tout seul. »

Il faut en finir, en mettant en œuvre des politiques qui placent les intérêts des populations au centre de leurs préoccupations.

Cette alternative politique crédible suffit-elle, pour arrêter les souffrances de nos populations ?

La réponse est non. Et ceci, malgré le fait que des franges, de plus en plus nombreuses se mettent en mouvement, pour prendre en charge les revendications, pour plus de liberté et plus de bien-être. C’est pour cela que le Manidem propose un programme minimal et une stratégie de rassemblement.  

 

  • Le programme minimal.

Au MANIDEM, nous disons depuis longtemps que nous ne conclurons aucun accord politique, avec un autre parti ou un Etat qui ne s’appuiera pas sur les intérêts du peuple kamerunais. C’est donc sur ce principe que se fondera notre stratégie d’alliance. Ceci signifie que dans nos esprits, les intérêts du peuple kamerunais ne doivent pas constituer une nébuleuse dans laquelle on peut loger n’importe quoi.

En 2018, qu’est-ce que nous appelons « intérêts du peuple kamerunais » ?

La réponse à cette question découle de deux axes de travail, sur lesquels le MANIDEM compte mobiliser les kamerunais de divers horizons, pour que leurs luttes fassent reculer le pouvoir affamant du « libéralisme économique » : l’élévation du niveau de vie des couches populaires et la question nationale.

  1. L’ELEVATION DU NIVEAU DE VIE DES COUCHES POPULAIRES

En tout premier lieu, il y a l’élévation du niveau de vie des couches populaires. Celle-ci est liée à trois conditions :

  1. La promotion de la justice sociale.

Elle comprend quatre orientations majeures : la révision du code du travail actuel, la promotion du logement social, une politique de l’emploi et le développement des zones rurales.

  • La révision du code du travail. Ce document a consacré, sous le prétexte d’une libéralisation de notre économie, des principes extrêmement nocifs sur les conditions de travail des salariés. Il convient que notre parti entreprenne un travail d’approche avec les syndicats, pour identifier les points susceptibles d’alimenter leurs programmes de travail, au cours des prochains mois.
  • Une politique de l’emploi. Depuis l’atteinte du point d’achèvement, le gouvernement avait promis la mise au point d’une politique industrielle, dont la mise en œuvre devrait créer de nombreux emplois, à travers le pays. Depuis 2007, nous avons assisté à une multiplication d’instances qui y réfléchissaient : le Club des investissements du Premier ministre, Le Forum des investissements, la Réforme fiscale et le Conseil ministres élargi au secteur privé. Elles ont brassé du vent. En conséquence, les lois de finance depuis 2009 sont rendues publiques, sans aucune disposition d’incitation à la promotion de l’investissement. Il faut en finir. De nombreux projets sont soumis au gouvernement qui sont susceptibles de booster nos petites et moyennes entreprises, créatrices de main d’œuvre. Le MANIDEM doit entreprendre des concertations avec le patronat et les syndicats, en vue d’élaborer une politique ambitieuse de développement économique, et donc de création d’emplois, de vrais emplois et non les 350 000 emplois fictifs annoncés.
  • La promotion du logement social. D’importants travaux d’urbanisation sont programmés, notamment à Douala et Yaoundé, au cours des prochaines années. Ceux-ci entraîneront de nombreuses destructions des habitations précaires, destructions pour lesquelles nous avons constaté que, souvent les populations concernées subissent la fougue des agents de l’Etat, sans que ce dernier se soucie de la moindre solution alternative. Le MANIDEM doit s’impliquer dans l’organisation de ces populations et les aider à élaborer des propositions de recasement.
  • Le développement des zones rurales. Les campagnes kamerunaises se vident de leurs populations, laissant les terres inoccupées, pour le bénéfice de quelques grands types qui se les approprient, contre une poignée de francs CFA aux fins de spéculation foncière. Le MANIDEM doit devenir le champion de la lutte contre cette politique, en organisant les populations rurales autour de quelques revendications précises.
  1. La maîtrise des prix des denrées alimentaires.

La mauvaise politique appliquée dans notre pays a rendu nos populations dépendantes des importations alimentaires. Les mesures prises par le chef de l’Etat, pour juguler leurs prix en février 2008, ont montré aussi que l’Etat ne disposait pas d’outils fiables, pour en maîtriser les prix. Il faut donc que les populations s’organisent, elles-mêmes, pour assurer le contrôle des prix. Mais une véritable maitrise des prix des denrées alimentaires ne viendra que d’une modification de la politique agricole : la primauté est donnée aux cultures d’exportation, tandis que les cultures vivrières, dans de nombreuses régions relèvent de ce que l’on dénomme « agriculture traditionnelle de subsistance ».

 

  1. L’assurance maladie pour tous.

La faillite la plus criarde de la gestion actuelle, c’est la politique de santé. Grâce à la coopération internationale de très importants fonds ont été alloués à ce secteur. Ils ont malheureusement été confiés aux prédateurs de la fonction publique, avec les résultats que nous connaissons. Il n’est pas évident qu’après cette gabegie, les donateurs internationaux se montrent encore aussi  généreux. Il nous faut donc mettre en place un double dispositif de promotion de la santé publique :

  • La création de collectifs civils de santé, dans les quartiers. Ils se regrouperont, par ville, par arrondissement, département et région. Et leurs principaux responsables constitueront le collectif national de la santé qui devra être l’interlocuteur du gouvernement, en matière de santé, pour la définition des politiques et le suivi de leur mise en œuvre.
  • L’assurance maladie, pour tous. C’est une vielle idée que nous avons lancée depuis une décennie, sans que l’Etat, malgré les propositions que le MANIDEM lui a soumis ne daigne lui accorder le moindre intérêt. Parallèlement, nous sentons une certaine fébrilité au niveau des entreprises, puisque certaines d’entre elles commencent à investir de l’argent dans la promotion de la santé publique. Le MANIDEM doit prendre les devants, pour la création d’une organisation capable de veiller et d’inciter la mise sur pied d’une assurance maladie universelle.

B- LA QUESTION NATIONALE

En second lieu, il y a la question nationale. De nombreuses manifestations ont eu lieu, au cours des dix dernières années qui attestent que les kamerunais ont mal à leur peau de kamerunais. Pour illustrer ce mal être, citons quelques exemples :

 

  1. l’équilibre régional.

Les dernières manifestations sur la question ont été les contestations des résultats du concours d’entrée à l’IRIC en 2015 et à l’Ecole normale supérieure de Maroua en 2008. Son paroxysme a été atteint avec  l’intrusion du Président de la République, dans le rôle de fossoyeur de la solidarité nationale.                         -jj

Elles ne sont pas, sans rappeler les évènements de Buéa de 2006 et ceux de l’Ecole normale supérieure de 2007. Ces évènements malheureux qui ternissent l’image de l’Etat, en mettant à nu le pourrissement de ses démembrements, révèlent, en fait l’échec des choix politiques du parti néocolonial.

  1. La cohérence de l’espace national.
    • Le Kamerun a hérité, avec l’indépendance, d’un certain nombre de tares. Elles s’appellent : l’agriculture de subsistance et l’agriculture moderne, l’industrie de substitution aux importations, le désenclavement. Les régimes néocoloniaux ont densifié les problèmes, en créant, dans le domaine électrique, un réseau interconnecté du Sud et un autre au Nord, avec en prime, dans chacun des deux, une électrification par les groupes électrogènes. Cela crée une impression de désordre ingérable que le pouvoir utilise à son profit, lorsqu’il s’agit d’opposer une franges de kamerunais contre les autres, alors que le problème de fond, c’est de construire harmonieusement un pays, où il fait bon vivre ;
  2. La démocratie quotidienne.
    • Elle est la revendication politique la plus vieille, dans notre pays : nous voulons être consultés, ou tout au moins être informés des projets qui concernent nos vies. Pour cela l’Etat doit mettre en place des cadres de dialogue, où ses représentants viendraient nous rencontrer. Cela le dépasse ; il pavoise devant les donateurs internationaux sur les consultations populaires, réalisées dans les bureaux feutrés, avec « nos » représentants, triés sur le volet.
  3. La stratégie de rassemblement.

A force de menaces, représailles, tortures, l’ETAT-PARTI s’est arrogé l’initiative politique. Or, il a ceci de particulier qu’il ne veut pas régler les problèmes des kamerunais. Mieux : il se sert de toute revendication qui lui est présentée, comme une allégeance à sa démarche. Cela n’a pas aidé le Kamerun et est  de nature à décrédibiliser la politique, en général, et les partis politiques en particulier. C’est pour cela que le Manidem propose une stratégie de rupture et de large alliance.

  • Stratégie de rupture.

L’Etat kamerunais est dans une logique de démonstration de la magnanimité de son chef, alors que ce dernier ne se sent pas tenu d’apporter des solutions aux problèmes des kamerunais. Au contraire, il se sert de toute démarche des populations, ou de leurs représentants, pour les tourner en dérision et les affaiblir. C’est pour cela, qu’il faut rompre avec ses tromperies et promouvoir un large front d’organisations, autour des revendications essentielles, contenues dans le programme minimal.

  • Stratégie de large alliance.

De nombreuses luttes sont menées, depuis quelques années. Quelques une aboutissent ; et d’autres pas. Mais, en général, elles sont caractérisées par un cloisonnement catégoriel. Il faut en sortir, en créant des passerelles entre les diverses revendications, Comme le front des forces Patriotiques et Panafricanistes (FPP) qui regroupe quatre formations politiques (L’UPA, Le MOCI, Le PARENA et Le MANIDEM) ayant une stratégie définie sur cinq axes :

  • Sur le plan politique
  • Relance et renforcement du processus de formation d’une conscience patriotique et panafricaniste en vue d’une Nation Kamerunaise souveraine, se considérant comme partie intégrante d’une Grande Nation Africaine ;
  • Création d’organisations/associations, dans lesquelles, il se développe une culture de résistance et d’initiative, de nature à contribuer à élever un mur en face des pratiques de démobilisation que multiplie le RDPC.
  • Sur le plan économique
  • Promotion d’un développement économique prenant en compte les principes de l’économie sociale de marché, suivant un plan qui fait de l’État le régulateur du marché et le moteur de l’économie nationale ;
  • Institution d’une économie régionale, dans la perspective d’un renforcement de l’autosuffisance alimentaire et une amélioration des échanges intra régionaux ;
  • Développement d’une culture d’apprentissage des métiers de base, grâce à des politiques d’apprentissage et de compagnonnage.
  • Sur le plan social
  • Édification d’un État soucieux de la promotion d’un développement économique tangible qui aura pour finalité la justice sociale.
    1. PLAN CULTUREL
  • Promotion des langues nationales et africaines (Swahili, Haoussa) comme langues de communication avec l’intérieur de l’Afrique. Promotion de l’anglais comme langue de communication avec l’étranger.
  • Lutte contre l’ethnocentrisme et le tribalisme, qui constituent une menace permanente contre l’unité et l’intégration nationales.
  • La réappropriation de notre État implique la prise en compte concertée de nos diversités socioculturelles.
    1. PLAN PANAFRICAIN
      • Le Kamerun à lui tout seul n’atteint pas la masse critique en termes de superficie et de démographie, comparativement aux grands ensembles humains que sont les États-Unis d’Amérique, la Chine, l’Inde, l’Union européenne (voire demain peut-être les États-Unis d’Europe), la Russie, le Brésil, le Japon, etc. L’Afrique doit donc s’unir sous la forme d’un État fédéral ayant pour États fédérés les États actuels dont le Kamerun. Dans cette perspective, notre patrie, « Afrique en miniature », est appelée à jouer un rôle de proue.
  1. STRATEGIE ELECTORALE DU MANIDEM

 

 

Le processus électoral au Kamerun est loin, très loin d’être transparent, juste et démocratique.

Nous devons nous battre pour obtenir un organisme consensuel, autonome et indépendant pour organiser les élections. Or, Elécam est issu d’une démarche autoritaire et anti démocratique  des maîtres du régime. Malgré la compétence certaine et une bonne moralité de la plupart des membres du Conseil Electoral, Elécam est sous influence politique et administrative de l’ETAT-PARTI.

Les améliorations du processus électoral, telles que l’inscription biométrique, le bulletin unique, une élection à deux tours, la prise en charge intégrale de la scrutation des élections, etc. sont encore à l’ordre du jour.

Le MANIDEM est prêt pour ces nouvelles batailles. Il assure le peuple kamerunais et les autres forces sociales progressistes de sa détermination à mener sur tous les fronts les actions qui seront décidées par l’ensemble de ces forces sociales.

Tout le pays s’est pratiquement installé dans l’idée de la fin de régime de Paul Biya, tout le monde y pense. Beaucoup moins en termes de scénarii de la fin du régime, beaucoup plus en pensant à la question de savoir comment  s’y préparer.

En effet, la fin de régime, comme la fin de toutes les dictatures, sera un choc pour le pays. Comment donc se préparer à ce choc?

Comment se mettre dans la meilleure posture pour vivre, voire survivre en tant que parti pendant cette période?

Comment encaisser ce choc?

Pour notre parti, le MANIDEM il y a donc une nécessité, de mettre en place une stratégie électorale en mesure de renforcer notre influence pour cette éventualité. Car le MANIDEM prendra une part active dans la consolidation de notre pays après le régime actuel.

Dans ce contexte favorable au changement et à l’opposition en général, il est vital que le MANIDEM tire son épingle du jeu en s’appuyant sur ses spécificités, sur sa différence. Nous devons relever le défi des élections. Nous allons prendre une place prépondérante dans les prochaines consultations électorales.

Quelle est donc notre stratégie électorale?

Stratégie électorale

Le MANIDEM veut accéder au pouvoir, en compagnie des forces progressistes et panafricanistes. Notre stratégie générale repose sur la mise en place d’un vaste mouvement populaire, à travers la mobilisation des Kamerunais, et à partir de leurs préoccupations quotidiennes, dans le but d’ébranler le régime néo colonial pour un assaut final de la prise du pouvoir. C’est pourquoi, nous avons toujours accordé une attention particulière au développement du mouvement social et nous continuerons à le faire. La mobilisation des Kamerunais contre les délestages et la prime fixe d’Aes Sonel, celle contre le commandement opérationnel à travers les neuf (9) disparus de Bépanda, celle pour la nouvelle école, pour l’amélioration des soins médicaux, et récemment contre l’augmentation des prix de carburants, montre à dessein, notre orientation stratégique. La promotion des associations de la société civile telles le RACE (Réseau Associatif des Consommateurs d’Énergie), Vivre Ensemble (association pour la promotion de l’intégration), Génération Citoyenne (l’éducation des citoyens Kamerunais etc) est un de nos soucis  permanents et est une condition nécessaire pour le succès de notre stratégie.

Or, une dictature n’est jamais uniquement renversée par des élections qu’elle organise. Celle de ce régime n’échappera pas à cet axiome politique.

 

Une dictature ne se réforme pas, elle se désintègre ou on la renverse.

Notre légitimé historique, notre proximité avec les problèmes des Kamerunais, notre combativité sur le terrain, notre virginité politique font du MANIDEM un parti  à part, largement identifié comme tel par les Kamerunais. Ce sont nos atouts.

Nos faiblesses logistiques sont un sérieux handicap mais peut-on nous reprocher de n’avoir pas participé au festin gargantuesque de la dilapidation des richesses de notre pays?

 

La stratégie électorale du MANIDEM doit donc, tout en bonifiant nos atouts, réduire les effets néfastes de nos handicaps.

D’autant plus que le code électoral actuel exclut tous les Kamerunais non membres des partis politiques.

Le MANIDEM doit donc, certainement plus que les partis aux grandes potentialités logistiques, mettre un soin particulier dans le choix de ses candidats; nous devons tout faire pour combler nos handicaps, en donnant une bonne place, dans nos listes à des personnalités populaires de la société civile  C’est la stratégie Arc-en-ciel, dans ce sens qu’elle doit englober toutes les couleurs de la société kamerunaise. Le travail de mobilisation de ces leaders de la société civile (hommes et femmes de culture, artistes, leaders sociaux, etc.) doit se poursuivre.

La carte électorale du MANIDEM se bâtit autour de deux (2) axes:

  1. l’axe des bases militantes établies et fortes du MANIDEM et celles de nos partenaires du Front Progressiste et Panafricaniste (le MOCI, l’UPA, le PARENA et l’UPC des Fidèle,  etc) ;
  1. l’axe des personnalités de la société civile qui sympathisent avec notre parti.

Nous n’avons pas le choix. Jusqu’à la dernière minute, nous devons miser sur cette stratégie Arc-en-ciel. La campagne que nous allons lancer pour l’inscription massive des Kamerunais sur les listes électorales va renforcer cette stratégie.

Un parti  qui s’implique autant dans l’inscription des électeurs montre clairement qu’il a envie d’avoir des élus et qu’il veut accéder au pouvoir. C’est le cas du MANIDEM.

Certains de nos compatriotes peuvent penser que nos scores électoraux antérieurs ne sont pas de nature à rendre le MANIDEM optimiste; ils peuvent même être découragés par le décalage qui existe entre la quantité du travail abattu par le MANIDEM et les sacrifices énormes consentis depuis 1995 (date de création de notre parti) et les dividendes recueillis en termes de succès électoraux.

Mais, comment ne pas comprendre que, dans un contexte politique tel que le nôtre où le tribalisme a colonisé la politique, des partis comme le MANIDEM aient du mal à prospérer? Que ceux-là ne perdent pas de vue ces camarades n’oublient pas la dialectique des problèmes socio-politiques.

Les phases d’accumulation quantitatives paraissent toujours interminables. Mais, le dernier coup de pouce qui permet le saut qualitatif paraît aussi toujours lointain. Or, il est souvent à portée de main.

En effet, une marmite d’eau peut rester longtemps à 99 degrés, puis un coup de vent attise le feu, l’eau boue, et devient vapeur à 100 degrés.

Il faut agir et agir au plus vite !

Rassembler les forces progressistes et panafricanistes à partir d’une synergie stratégique vers une intégration totale de toutes ces forces, dans le but de consolider le camp de la rupture avec le néo-colonialisme.

En effet, le camp de l’aménagement du système néo-colonial est là, à l’affut, prêt à profiter des victoires de la lutte des masses populaires.

Les révolutions de palais ou les changements « trompe l’œil » ont souvent abusé les masses non averties.

Nous voulons l’alternative politique en Afrique et au Kamerun, c’est-à-dire une politique résolument destinée à satisfaire en priorité les intérêts fondamentaux des kamerunais et du Kamerun.

Ce défi est grand, très grand et l’histoire de la lutte des Peuples opprimés a toujours démontré que plus grand est le défi, plus belle est la victoire.

Pour nos Héros Nationaux, pour les Michel Ndoh, les Samuel Mac-Kit, les Bahoya, pour les Pierre Abanda Kpama, Paulin Hilela Matug, Owoundi,Rose Nzié, David Diwah,

Pour les nouvelles générations, sauvons notre beau pays le Kamerun.

Allons-nous abandonner la partie alors que peut être, le dernier coup de vent est là?

«Le chemin qui mène à la victoire est toujours parsemé d’embûches mais il mène toujours à la victoire». (Proverbe zimbabwéen)

  1. LA COHERENCE

DU PROGRAMME MINIMUM DU MANIDEM

Il est normal que les populations, et plus encore les organisations et hommes politiques, s’interrogent sur la cohérence d’un tel programme : en clair, est-de qu’il ne s’agit pas d’un simple placage de mesures, dont les unes annihilent les autres ? D’un ensemble de mesures, qui ne tiennent pas la route ? Ou tout simplement, n’est-ce pas le résultat d’une démarche intellectuelle où l’on cherche à aligner les meilleures idées possibles devant chaque problème, au risque que celles-ci n’aient aucune emprise sur les réalités locales ?

Ces questions peuvent paraître provocantes. Mais, elles ont un grand intérêt, pour la programmation de notre activité. En effet, on ne peut pas penser qu’on sera capable d’impulser d’importants changements politiques et sociaux, si sur le plan économique, nous n’avons pas créé les conditions, pour une production massive de richesses. Car, ce qui est clair, c’est que la dynamique pour promouvoir la démocratie, l’unité et la souveraineté nationales, parce qu’elle tend à briser le carcan du néocolonialisme, va nous valoir, au moins dans un premier temps, un tarissement de l’aide internationale. Comment pensons-nous la compenser ?

La réponse est simple : avant de l’appliquer à ce cas particulier, donnons le principe. La mise en œuvre de la politique transition comprendra trois étapes essentielles : l’initiation de la transition au cours des deux premières années, la consolidation de la transition et la création de nouvelles perspectives.

Appliqué  à la situation du tarissement de l’aide internationale, voici comment les choses s’étaleront :

  • L’accent va être porté sur l’amélioration de la santé publique..
2018-08-24T07:28:58+00:00

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