LE MANIDEM FACE A LA REALITE DE LA PRISE DU POUVOIR

LE MANIDEM veut accéder au pouvoir. Une aspiration légitime pour tout parti. Pour atteindre cet objectif, il doit adopter une stratégie, c’est-à-dire, une ligne de conduite devant lui permettre d’accéder au pouvoir.

Pour adopter une stratégie d’accession  au pouvoir, notre Parti doit parfaitement (au moins le plus possible) maîtriser la connaissance  du contexte dans lequel sa stratégie doit être mise en œuvre.

C’est l’Analyse du contexte sociopolitique et des forces en présence.

En outre pour être opérationnelle et efficace, cette stratégie  doit intégrer les différentes possibilités d’évolution du contexte.

C’est l’évolution  du rapport   des forces en présence.

Ensuite, pour éviter d’être en décalage par rapport aux événements pouvant influencer ce contexte, il doit être en mesure d’imaginer et de prévoir les différents scénari possibles qui pourraient se présenter à lui dans sa quête  d’accession au pouvoir.

Et enfin, pour chacun de ces scénarii, le Manidem doit élaborer des actions destinées à rendre opérationnelle et efficace sa stratégie.

I- ANALYSE DU CONTEXTE SOCIO-POLITIQUE

Notre pays, aux énormes richesses naturelles est dirigé, depuis plus de 26 ans, par un régime néo-colonial et totalitaire, qui arbore le masque des institutions démocratiques.

En réalité, cette démocratie institutionnelle et globalement légaliste, cache mal la réalité totalitaire d’un système dont la quasi-totalité des dirigeants est constituée d’anciens pontes de l’ex-parti unique RDPC.

Ce dernier, à la faveur d’élections successives, contestées et contestables, où tous les moyens furent utilisés pour gagner, possède une majorité écrasante à l’Assemblée Nationale, plus de 75% d’élus, et bénéfice du soutien actif d’une administration à la solde du régime.

Cette suprématie électorale contraste avec l’impopularité du régime qui a fini, à cause de sa politique, par s’aliéner la presque totalité des Kamerunais. Depuis 26 ans, la crise économique, la pauvreté la misère, ont sapé toute la base sociale, même la partie régionaliste, du pouvoir RDPC.

Aujourd’hui, avec un parti dominant, miné par les luttes  intestines et le problème de la succession à la tête de l’Etat, le régime traverse une crise profonde qui, d’un moment à un autre, peut déboucher sur une crise politique et une guerre de clans susceptibles d’entraîner le pays dans la guerre civile.

C’est le premier élément majeur de la situation.

En effet, la lutte que se mènent les  différents clans au pouvoir, avec de nombreux prétendants à la succession au ‘’trône’’, peut, à la suite d’une incapacité à  gouverner ou à la suite de la disparition du Président, déboucher sur une guerre  civile favorisée par les  avatars régionaux et les positionnements  régionalistes des différents protagonistes. Ceci, d’autant plus que le parti au pouvoir n’a pas un fonctionnement réellement démocratique qui pourrait, pacifiquement, organiser la succession.

Il faut s’attendre à l’implosion du parti dès que son Chef ne pourra plus  maintenir ses troupes au pas, par la contrainte,

L’un des alliés du RDPC, est l’UNDP. Pour des raisons liées aux atavismes régionaux, ce parti bénéficie d’une grande audience dans le Nord ; cela est indéniable, même si ses dirigeants, à  commencer par le 1er, apparaissent comme des responsables politiques plus enclins à sauvegarder leurs intérêts qu’à défendre les populations. La coalition des élites autour de l’Affaire de L’Ecole Normale Supérieure de Maroua, est une manœuvre politicienne dont le but est de récrédibiliser les élites auprès des populations. Les tendances au fanatisme religieux et politique et les séquelles des exactions du putsch manqué de 1984, qui se renforcent mutuellement, font de cette région, une réserve de pôles de contestations et de chantage vis à vis du clan suprême au pouvoir.

C’est le 2e élément majeur.

L’UDC, l’UPC, et le MP sont des alliés du RDPC, sans grande influence, sur la situation ni même une capacité de chantage efficace vis à vis du RDPC. L’UDC et son chef, jouent la carte de la redistribution des cartes au sein de l’appareil, lorsque le régime sera à bout de souffle. Les dirigeants de l’UPC et EKINDI font le même calcul.

Le SDF, principal parti de l’opposition, présente deux aspects contradictoires qui se neutralisent, et font finalement du SDF, un poids mort dans le payage politique.

C’est le 3è élément majeur de la situation.

En effet, le SDF, malgré sa capacité de fixation, des espoirs des Kamerounais et de mobilisation des troupes, n’arrive plus à jouer le  rôle moteur dans l’opposition. Ces actions de masse sont bridées par la collusion plus ou moins explicite de ses cadres influents avec le coeur du pouvoir à Yaoundé. Il continue à entretenir l’illusion de radicalité par le biais des déclarations incendiaires (vite contredites quelque temps après) de ses dirigeants. Il est maintenant sûr que plusieurs deals lient le SDF au pouvoir, comme l’épée de Damodès du Procès du militant DJIBOULE, assassiné par les sbires de FRU NDI.

Le mouvement social, dont les syndicats constituent la force la plus structurée, manque autant de vigueur que de coordination. La plupart de syndicats sont ‘’jaunes’’, avec es dirigeants plus occupés à soigner leurs relations avec les autorités politiques et administratives du pays, qu’à organiser le fait que la contestation syndicale et populaire depuis 1990, aucune grève générale n’ait été organisée dans le pays, montre la faiblesse du mot syndical. C’est le 4è élément majeur. La recrudescence des mouvements et contestations populaires tient sa source dans l’exaspération extrême des Kamerunais, face à la précarité, à la pauvreté et à la misère. Les émeutes de Février 2008 prouvent cependant que la réceptivité des Kamerunais a gagné en force et que la passivité  et la résignation peuvent être surmontées par une bonne sensibilisation et préparation des masses.

C’est le 5e élément majeur de la situation sociopolitique.

Analysons maintenant l’Etat  du MANIDEM, l’Avant –Garde du peuple Kamerunais.

 

 

 

 

 

 

LE MANIDEM

La situation de notre Parti est caractérisée par deux éléments apparemment contradictoires.

D’une part, le MANIDEM jouit d’une grande audience auprès des Kamerunais, d’une aura de plus en plus affirmée et explicité ; En outre, il y a une harmonie entre  ses positions et son orientation politique et stratégique et les aspirations des masses populaires.

D’autre part, ses  résultats électoraux sont médiocres, ses capacités logistiques très limitées et sa structuration embryonnaire.

L’analyse des forces politiques et sociales en jeu et la mise en évidence de l’état de notre parti,  nous permettent, maintenant, de donner une photocopie du rapport de forces et une esquisse détaillée des possibilités d’évolution de ce dernier.

LE RAPPORT ACTUEL DES FORCES ET SON EVOLUTION

 

Quand on met en parallèle et en perspective, d’une part, les cinq éléments majeurs de la situation sociopolitique à savoir :

1°) la Suprématie du RDPC et le risque d’implosion du régime.

2°) L’Atrophie politique de ses alliés de la grande famille UNC, la grande capacité de nuisance et de chantage de l’U.N.D.P.

3°) Le rôle de poids mort que joue le SDF dans le paysage politique.

4°) Les faibles capacités de mobilisation organisée du Mouvement social.

5°) Le regain de contestations populaires et la tendance à l’évolution positive de cette situation

et d’autre part, l’état et l’audience de MANIDEM, on peut esquisser une ébauche du rapport de forces et de son évolution.

Au Kamerun, en 2009, la situation socio-politique est caractérisée, par  2 données principales d’une part, par la suprématie du régime RDPC qui a incontestablement, l’initiative politique

D’autre part, la faible efficacité de l’opposition politique dont la réplique, certes vigoureuse, est essentiellement d’ordre  tribunitienne.

C’est donc un rapport de forces largement en faveur du régime

Il est dont  évident que toute prétention du MANIDEM à accéder au pouvoir passe par l’évolution quantitative ou qualitative de ce rapport de forces.

EVOLUTION  DU RAPPORT DE FORCES

Pour schématiser, nous allons envisager quatre scénarios de l’ébranlement du régime qui conduiraient à des changements qualitatifs (deux  scénarios) et qualitatifs (02 scénarios) (voir schémas) .

  1. la crise économique au Kamerun va s’accentuer, ses effets pervers seront amplifiés par les contrecoups de la crise financière mondiale qui vont frapper notre économie sans aucun doute, ce contexte socio-économique va provoquer des secousses plus ou moins fortes sur  le terrain de la contestation sociale.

Pressée par les tensions sociales et ébranlé par les luttes des clans, le régime RDPC peut envisager une ouverture politique plus conséquente que le passé.

Notre parti pourrait être sollicité et être partie prenante d’un Gouvernement d’union sur évidemment, un programme minimum de gouvernement.

  1. l’intensité des effets de la crise sociopolitique et l’âpreté des luttes pour la succession, cette dernière elle-même ravivée par les tensions sociales suivies de manifestations populaires, peuvent créer une situation chaotique dans le pays. La solution généralement envisagée dans ce genre de situation, peut pousser un clan de l’armée ou de jeunes officiers à ‘’déposer’’ le Chef de l’Etat. Ce scénario est aussi envisagé si ce dernier était, pour une raison ou pour une autre, dans l’incapacité à gouverner le pays. Il est envisageable, dans ce cas de figure, que le clan au pouvoir s’ouvre à des forces de progrès et patriotiques pour donner une légitimité  historique au nouveau pouvoir.
  1. dans le prolongement des effets destabilisateurs évoqués dans le scénario, (b), la qualité et l’intensité de la force du Mouvement social, peuvent entraîner le pays dans une situation préinsurrectionnelle , du type ‘’émeutes de Février’’, amplifiée par les déceptions politiques liées à la confiscation du processus électoral par le régime RDPC.

Nous nous situons dans ce scénario, dans une évolution qualitative du rapport de forces en faveur des forces de progrès.

Dans ce cas, ce serait une véritable négociation bipartite entre les tenants du pouvoir institutionnel et ceux du pouvoir populaire. Il est à noter que même dans ce cas, le déblocage de la situation pourrait se faire à partir d’une prise du pouvoir par des éléments avancés de l’armée.

  1. l’insurrection populaire : c’est le scénario idéal pour le changement au Kamerun ; il est tout à fait envisageable dans notre pays.

Il résulterait d’une amplification de tous, les ingrédients de la crise sociopolitique couplée au pourrissement du régime et à l’exacerbation  des luttes intestines qui affaibliraient de façon sérieuse le régime en place, et placeraient les forces du progrès dans un rôle central pour la résolution de la crise.

Ce scénario suppose que les forces progressistes aient suffisamment gagné du terrain dans toutes les sphères de la société kamerunaise. Il suppose aussi la disqualification politique, des forces rétrogrades à la tête des partis dits réformistes, comme le SDF, l’UDC, L’UPC ou le MP.

Bien évidemment, ces scénari ne sont pas des séquences figées sans aucun lien entre eux. Bien au contraire, il faut les appréhender dans un processus semblable à une spirale  qui comporte des anneaux de plus en plus grands. La construction de cette spirale est, effet, tout le processus de maturation et d’évolution des conditions objectives (contexte sociopolitique) et subjectives (état dynamique des forces sociales et politiques). Même le déroulement de ce processus n’est pas linéaire. Des sauts qualitatifs importants et des sauts qualitatifs peuvent intervenir à tout moment, surtout dans  un contexte comme le notre, bâti sur un équilibre instable et sur de multiples aléas politiques voire biologiques, sans oublier des déclencheurs sociaux qui pourraient emballer la spirale.

Quelle doit être  la stratégique opérationnelle du MANIDEM pour agir de façon notable sur l’avènement de ces scénarios et augmenter ses chances d’accès au pouvoir.

            Stratégie opérationnelle

 

Rappel

 

            La stratégie générale du MANIDEM pour le changement véritable et son accession au pouvoir est de construire un vaste mouvement populaire autour de lui, capable de renverser le rapport de forces en sa faveur et favoriser ainsi l’accès des forces progressistes au pouvoir. C’est la force de ce Mouvement Populaire qui, en tout état de cause, garantit le succès des forces progressistes dans la bataille pour le pouvoir.

Cependant, il y a des actions spécifiques à développer pour permettre à notre Parti de s’insérer de façon décisive dans tel ou tel scénario de sortie de crise au Kamerun.

Le problème est de mettre en évidence les caractéristiques que doit avoir le Parti par rapport à tel ou tel scénario et les actions que le parti doit entreprendre pour être en phase avec ce scénario.

            Scénario A

Pour peser dans le cadre de ce scénario, le Parti doit avoir, une influence politique au sein du Mouvement social être identifié assez clairement comme une force influente au sein de ce Mouvement par  les clans au pouvoir et avoir développé un courant d’opinion favorable à un compromis possible avec les éléments lucides du clan au pouvoir.

En l’état actuel, des choses, le MANIDEM doit encore travailler, sérieusement et plus méthodiquement, au sein du Mouvement social afin :

  • d’en maîtriser les leviers
  • renforcer une proximité politique avec ses principaux leaders
  • renforcer la capacité de réaction du mouvement social
  • réduire les risques de récupération du Mouvement par d’autres forces

C’est l’une des tâches du Département du BP chargé du Mouvement social. En outre, le travail de « pénétration »  des rouages essentiels du pouvoir administratif, politique et militaire doit s’intensifier et surtout concerner un nombre plus élevé de camarades. Une cellule de condamnation de ce travail doit être mis sur pied et des bilans réguliers doivent être systématisés.

Scénario B

Pour ce scénario, il est indispensable que le Parti soit non seulement à l’initiative des mouvements sociaux, de façon plus ou moins explicite, en fonction du contexte, mais qu’en plus, il assume, par une communication appropriée, c’est-à-dire offensive sans être provocatrice, la responsabilité politique des mouvements sociaux. Il est évident pour ce scénario, que le MANIDEM aura pris le soin de sceller un certain nombre d’accords implicites (ou  même explicite) avec des groupes ou des individus au cœur du pouvoir. D’ailleurs, l’avancement du travail de « pénétration » des rouages du pouvoir et la maîtrise du Mouvement social seront les baromètres indispensables pour apprécier les opportunités des initiatives politiques que le Parti devra prendre dans ce cas.

Avec ce scénario, nous sommes à la lisière d’un saut qualitatif dans le changement du rapport de forces.

Scénario C et D

Les émeutes de février s’apparentent à ces scénarios. Il y a de fortes chances que cette situation se répète assez rapidement, avec en prime, une situation socio-économique plus dégradée, le mécontentement général y compris d ans les sphères du pouvoir à la suite de la nomination des membres  d’ELECAM , la fronde des élites rétrogrades du Septentrion au sujet de l’Enseignement Normale Supérieur de Maroua , et les frustrations que cela a engendré auprès des autres élites régionalistes, et enfin les  effets de la crise financière qui vont bientôt servir au Kamerun.

Des informations en notre possession sur l’état d’esprit d’un certain nombre de groupes sociaux ou socio-professionnels laissent à penser que les prochain mois seront chauds.

Le MANIDEM a été surpris par l’ampleur des émeutes de Février. Mais nous savions que les laissés pour compte du régime allaient entreprendre, avec le prétexte de la grève des transporteurs urbains, des manifestations vigoureuses.

L’ambition du MANIDEM, dès maintenant, est qu’il soit à la hauteur des évènements qui vont arriver.

Il faut que les prochaines émeutes entraînent une modification qualitative du rapport  de forces au Kamerun.

C’est l’amplification des tâches envisagées pour les scénari A et B, qui nous mènerait à la hauteur des ambitions qu’une avant-garde politique doit avoir  dans un contexte comme le nôtre. Il faut que les camarades se préparent à prendre et à assumer des initiatives hardies mais bien pensées et coordonnées, dans les  mois à venir.

La disqualification des forces rétrogrades tapies dans l’opposition ne peut s’amplifier, que si le Parti continue à être prêt des préoccupations quotidiennes des Kamerunais. A ce sujet, les  camarades doivent faire preuve d’audace et d’imagination et prendre  des initiatives hardies. C’est en osant qu’on réussit.

On peut avoir le sentiment que nous avançons trop lentement. Peut-être que c’est vrai. Mais au moins, nous ne reculons pas. Tout trajet, aussi long soit-il commence toujours  par  les premiers pas. Ces derniers sont faits. Il faut donc attaquer les suivants, avec encore plus de détermination, d’imagination et bien sur de courage.

Yaoundé, le 21 Février 2009

2018-08-24T07:22:45+00:00

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