Historique de la crise

LE CONGRES DE L’IMPOSTURE S’EST TOUT DE MÊME TENU.                                                          COMMENT EN SOMMES-NOUS ARRIVES-LA ?

Par Jean Emmanuel MPOUMA

Nous allons structurer notre propos en quatre phases :

  • La situation avant-congrès
  • L’autorisation du congrès
  • Le déroulement du congrès
  • L’après-congrès et les perspectives
  • La situation avant-congrès

Le Manidem traverse des soubresauts depuis qu’en 2010, Ekanè a été contraint à la démission de la Direction du Parti.

En effet, c’est suite à un rapport d’audit réalisé par le Parti et qui concluait à la responsabilité d’Ekanè dans la distraction de plus de 16 millions de francs des caisses du parti, ainsi qu’au détournement, à des fins personnelles, d’un véhicule offert au parti par des camarades de la diaspora, mais également au vu d’un rapport adressé au CNC par le feu Président Abanda Kpama mettant à nu la collusion d’Ekanè avec les services des renseignements généraux et l’Administration Territoriale, que ce dernier a été obligé de déposer une lettre de démission. Instructions avaient été données à toutes les instances du parti de présenter au public le départ d’Ekane comme l’exemple d’une alternance volontaire.

C’est cette démission contrainte qui va expliquer, en toile de fond, le conflit permanent entre Ekanè et ses successeurs, d’abord Banda Kani, ensuite Abanda et enfin Yebga Dieudonné, dans son souci de conserver le contrôle de la direction du parti.

Le conflit avec Ekanè prend un tour décisif lorsqu’en mars 2017, le CNC décide de s’intéresser de façon ferme, à ses agissements caractérisés par l’indiscipline, la calomnie, le mensonge et la débauche dans laquelle il entraînait certains camarades dont quasiment tous ceux qui sont aujourd’hui autour de lui.

A l’ouverture des travaux du CNC de Bafia du 25 mars 2017, constatant la présence massive de la majorité des cadres de cette instance, Ekanè a préféré claquer la porte et fuir ainsi la réunion en compagnie de Dongmo Valentin.

Entre temps, des informations ayant circulé sur les réseaux qui accablaient Ekanè et par conséquent risquaient d’éclabousser toute l’organisation, des convocations et lettres de demande d’explications ont été adressés à l’intéressé qui, bien sûr a affiché tout son mépris pour le CNC et le Bureau Politique.

C’est donc ainsi qu’à Mbankomo, le 29 Juillet 2017, est prononcée par le CNC la suspension d’Ekanè ainsi que certains autres camarades, de toutes les instances de direction, jusqu’au prochain congrès.

Le premier stratagème d’Ekanè, consiste à créer sur papier et antidaté, un « Comité de Réorganisation», dans le but de démontrer que toutes les réunions des instances régulières du parti ayant abouti à sa suspension, ont été illégales, ces instances ayant prétendument été préalablement suspendues.

Ekanè est dans l’incapacité de produire, le procès-verbal de la constitution de son CR « validé » ou même simplement déchargé par le Minatd.

La fourberie d’Ekanè frise l’enfantillage à plusieurs égards.

En effet, selon nos textes organiques, la procédure mise en œuvre par Ekanè aurait dû suivre le schéma suivant :

  • Convocation d’un CNC (instance dirigeante du parti entre 2 congrès) ;
  • Suspension éventuelle par le CNC des instances incriminées ;
  • Création d’une commission de restructuration chargée de proposer au CNC des voies de solution ;
  • Convocation d’une nouvelle assise du CNC pour appréciation des propositions et mise en place éventuelle de nouvelles instances.

Or Ekanè réussit le tour de force de réunir une dizaine de camarades, et d’amener (de façon anti-statutaire) le CNC à s’auto-dissoudre. Du coup, on ne sait plus qui se réunit, ni en quelle qualité le CR est mis en place, sans nouveaux textes, sans lettre de mission. Point n’est besoin d’être un juriste averti pour dénicher la supercherie.

  • L’autorisation du congrès

Le pseudo-congrès projeté par Ekanè a une triple fonction :

  • lui permettre de retrouver une légalité,
  • de reprendre la Direction du parti et
  • assurer ainsi sa candidature à la prochaine élection présidentielle.

Assuré du soutien de l’Administration, Ekanè convoque tranquillement le 4ème congrès du Manidem. Le Sous-préfet ne voit aucun obstacle à sa tenue.

La direction légale du Manidem, en la personne du Président Yebga Dieudonné, décide alors de saisir le juge des référés aux fins de suspension dudit congrès.

Au cours des débats, les constatations suivantes peuvent être faites :

  • Le Comité de Réorganisation d’Ekanè est incapable de produire le Procès-verbal et encore moins un Procès-verbal réceptionné par le Minatd prenant ainsi acte de leur existence légale. Bref, le Comité de Réorganisation n’a pas d’acte de naissance).
  • Ekanè a prétendu tirer sa légalité des différentes autorisations à lui délivrées par le Sous-préfet pour la tenue de toutes ses réunions.
  • Le juge a pris acte de ce que toutes les activités du Manidem initiées par le Président Yebga ont par contre fait l’objet de rapports réguliers au Minatd. Le juge s’est étonné à juste titre, que « comment une autorité administrative peut se permettre d’autoriser systématiquement les manifestations organisées par une instance dissidente et formellement inconnue du Minatd, pour interdire non moins aussi systématiquement les réunions projetées par ceux-là mêmes que le Minatd a par contre reconnus ? »
  • Enfin, dans le prononcé de son délibéré, le juge a fait état d’une complexité extrême du dossier du Manidem, dont la solution ne peut provenir que de l’administration qui tient lieu d’arbitre ou alors du juge administratif (juge de fond), eux-seuls étant habilité à apprécier la qualité des uns et des autres. Et que donc, en acceptant d’intervenir dans le dossier, il outrepasserait ses prérogatives. Il a donc dû se déclarer incompétent.
  • En conséquence de ce qui précède, le pseudo-congrès du Comité de Réorganisation peut donc se tenir.
  • Le déroulement du congrès

 

Le congrès du Manidem qui d’ordinaire se tient en 2 jours et connaît la participation de plus de 200 délégués, a été tenu par Ekanè en 5 heures.

Le congrès du Comité de Réorganisation n’a pas regroupé plus de 30 personnes, invités et journalistes compris.

Voici la liste des congressistes  (15 personnes):

  • Ekanè Marianne
  • Ekanè Anicet
  • Ekanè Edwige
  • Nkwebo
  • Zambo
  • Titcho
  • Nforgang
  • Jou Clément
  • Bedimo
  • Dongmo
  • Moussi
  • Sympathisants (au nombre de 4 sans droit de vote)

Selon les textes du parti, les membres du CNC sont d’office délégués. Ainsi, hors mis les 11 membres du Comité de Réorganisation, 76 membres du CNC ont été purement exclus des assises. Quant aux autres délégués, cela n’a à aucun moment constitué  une préoccupation pour le Comité de Réorganisation dont d’ailleurs la seule base est Bonadibong.

Deux autres enseignements peuvent être tirés de ce pseudo-congrès, à savoir que Ekanè a été élu président du Comité de Réorganisation par 6 voix contre 5, le seul autre poste pourvu étant la communication (Bedimo). Par ailleurs, qu’au cours des débats portant sur l’avenir du parti, 4 personnes se sont prononcées pour faire la paix et l’unité. Les 7 autres ont rejeté cette proposition.

Enfin, s’agissant des partis politiques amis invités au congrès figuraient en bonne place le RDPC (représenté par Ayissi Bessala) et ses satellites de la majorité présidentielle.

  1. L’après- congrès et les perspectives

Le bref historique présenté ci-dessus, n’induit qu’une seule conclusion. L’administration est décidée à soutenir par tous les moyens son champion. En conséquence, c’est elle qui est le véritable adversaire de l’opposition conséquente et le fossoyeur  de la démocratie.

Contre l’arbitraire, le Manidem n’a pas d’autre choix que de défendre ses droits, quelles que soient la dureté et la durée du combat. Un plan d’action sera mis en place.

2018-08-22T06:37:34+00:00

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