Cameroun : Gratuité de l’école, un parti de l’opposition passe à l’action

Jeudi, 10 Juin 2010 10:36

Pierre Abanda Kpama

Ai-Cameroun « Du 1er au 06 septembre 2010, le Manidem lancera une campagne pour la gratuité totale et effective de l’école de base, c’est-à-dire de la maternelle à la fin du 1er cycle des enseignements secondaires ».

Cette déclaration a été faite à l’agence Ai par le tout nouveau président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem, parti d’opposition),Pierre Abanda Kpama, élu le 29 mai dernier.

Pour Pierre Abanda Kpama, la gratuité de l’école prônée par le président Biya n’est qu’un leurre, un simple slogan de politique démagogique parce que, déclare-t-il, « monsieur Biya dit que l’école est gratuite alors que chacun sait que les parents d’élèves payent des sommes importantes à travers les Associations de parents d’élèves (Ape) rendues obligatoires alors qu’il existe bel et bien une loi sur la liberté des associations ».

Poursuivant son propos, il précise : « non seulement les sommes collectées au titre des Ape le sont par élève et non par parent membre de ces associations, mais leur destination reste un mystère, même pour les ministres en charge de l’éducation de base ».

Quant à savoir pourquoi le Manidem inclut le 1er cycle des enseignements secondaires dans l’éducation de base alors que le pouvoir en place le limite à l’enseignement maternel et primaire, le président Abanda Kpama affirme que seule l’obtention d’un BEPC ou d’un CAP peut faire du citoyen un Camerounais moyen. « Encore que, dans le système anglo-saxon pratiqué au Cameroun, le GCE « o » Level, que l’on croit à tort équivalent au BEPC, s’obtient en form five, c’est-à-dire en 5ème année des enseignements secondaires », précise -t-il.

Sur la même lancée et parlant de la campagne que son parti lancera pour la gratuité totale et effective de l’école, et à l’intention de ceux qui pourrait y voir une simple manœuvre propagandiste d’un parti en déficit de visibilité médiatique, le nouveau président du Manidem fait observer : « il s’agit d’un combat citoyen, qui ne tient compte ni des appartenances idéologiques, ni des chapelles politiques et encore moins des colorations partisanes ; tous les Camerounais étant confrontés aux mêmes problèmes de frais de scolarité ».

Si pour le commun des mortels, l’opportunité d’une telle campagne ne semble pas évidente dans un contexte où le gouvernement en place ne ménage pas ses efforts pour le secteur de l’éducation, par la création des écoles, l’intégration des instituteurs dans la fonction publique camerounaise, Pierre Abanda Kpama insiste sur le bien fondé de cette action par un simple constat : « les fastes des Cinquantenaires ont coûté 48 milliards de francs Cfa au contribuable camerounais pour un impact imperceptible. Pourtant, avec cette même somme, l’école gratuite, frais de scolarité, livres et tous matériels didactiques compris, peut être assurée à la jeunesse camerounaise ».

L’expression vive et la conviction du président du Manidem lorsqu’il parle de son combat pour la gratuité totale et effective de l’école de base selon la définition de son parti, en font une action hautement sérieuse et décisive aux yeux de Pierre Abanda Kpama qui en précise la stratégie : « l’action que nous engagerons le 1er septembre prochain est une action de longue durée qui sera menée sur toute l’étendue du territoire camerounais ; avec l’implication des syndicats, des associations des parents d’élèves, dans tous les villages, dans toutes les villes, dans tous les quartiers », martèle-t-il avec détermination.

Détermination qui ne surprend pas lors que l’on revisite l’itinéraire de cet homme né, comme une prémonition, un certain 06 avril 1953 à Yaoundé. En effet, en 1972, cet ancien élève du Collège Libermann de Douala, la capitale économique du Cameroun y obtient son baccalauréat, série « c » en même temps qu’une éducation faite de rectitude jésuite. Après un bref passage à la Faculté des Sciences de l’université de la capitale du pays à Yaoundé, il s’envole pour la Grèce en 1973.

Inscription à l’université de Salonique, admission à l’Ecole Polytechnique d’Athènes, obtention du diplôme d’Ingénieur du Génie Mécanique en 1979, Masters en Turbomachines Thermiques, la réussite académique ne fait pas de doute. Mais entre temps, le jeune homme est entré à l’Upc combattante, branche de l’Union des populations du Cameroun, dissoute et interdite par décret de l’administration coloniale française depuis le 13 juillet 1955, avant son retour au Kamerun, comme il aime tant à l’écrire, en 1982.

Tour à tour cadre de la défunte Société nationale des Eaux du Cameroun (Snec) et de la Société des pêches, Crevettes du Cameroun (Crevecam) également disparue, l’homme ne crèvera cependant pas des nombreuses arrestations et incarcérations arbitraires pour appartenance à association dissoute. En 1986 ; il crée avec un parent sa propre structure et sans désarmer, dirige en 1991, le congrès de l’Upc à Bamoungoum, dans l’actuelle Région de l’Ouest, congrès au cours duquel il est d’ailleurs élu Secrétaire national aux finances.

Se démarquant de l’Upc à cause, dit-il, « des alliances contre nature scellées par les dirigeants du parti », il est co-fondateur avec Ekanè Anicet, Ghonda, Doufissa et bien d’autres, le 03 mars 1995, du Manidem, version Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie.

Il y sera élu Vice-président au 1er congrès de 2003, Secrétaire à la formation au 2nd congrès de 2009, puis enfin Président national le 29 mai2010 dernier.

Dieudonné Bessalla, Ai Douala
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